La rue nous absorbe, elle nous tente par ses odeurs irrésistibles de méchouis, de nânaa, et de jasmins, ses lumières sous toutes les facettes. La pénombre et la lumière éclatante des vitrines. La misère et le luxe. La rue nous aborde et nous borde. Elle joue avec notre être et notre paraître La rue est tentante. Elle nous dirige comme des automates. Suivez le trottoir, mais vous pouvez voir les vitrines. Le regard de la vie et de la ville c’est la rue. La rue c’est le cœur qui bat la ville. Je me ballade dans la rue sans mon corps qui me porte mais mon esprit m’emporte et s’emporte. Suis-je drogué ou simplement dans l’autre état ? Mon chien s’inquiète et aboie mon absence. Je suis présent par ta vigilance. Accompagne-moi dans mes errances entre les passants de l’indifférence.
L’imagination se permet des détours quand je tourne vers la ruelle transversale. La vigilance de mon absence me laisse en face de ma conscience
La rue, c’est le grouillement de la vie. Le mouvement de la foule marchant dans un semblant de désordre, comme une horloge d’un mécanisme nu l’effet d’un excès de thé sahraoui me laisse éveillé et seul malgré le flux humain. Il est 2h du matin, c’est la fête, il y a foule dans la rue et sur les trottoirs, mais pas sous ma casquette où est assise ma sérénité.
Ne freine pas cet élan lyrique par ta consciente inique, reste dans les méandres de ton moi unique, flotte dans le labyrinthe de tes rêves idylliques comme dans l’éther des pétards d’un « maouled ennabaoui »
. Ecrire pour décrire la rue, sourire à la rue qui m’accueille sans condition, traîner ses souliers sur ses pavés bombés, sentir ses odeurs particulières, mélange de safran, thé ; jasmin
Je me fatigue de la rue, il est 4h du matin, c’est l’heure des rêves programmés entre l’oreiller et le drap léger pour de songes tout aussi fragiles. C’est le salut à la rue après un long flirt. Maintenant, place aux rêves sans censure par la porte du caché, celui qui regarde par l’entrebâillement du secret qui peut-être sera livré cette nuit ou jamais
Par khebbab
0
-
Recommander
Temps passé ou à venir
Mais jamais présent comme je désire
Comment t’apprivoiser et te garder
Les grains de sable doré
Fractions de l’instant qui fuit
S’insinuent entre mes orteils et mes rêves adorés
Comment t’apprivoiser et te garder
Le présent, fugace et sagace,
Se cache et nous montre hier et ses misères
Ses lendemains tout aussi précaires
Comment t’apprivoiser et te garder
En bloquant la pendule
Ou en gélifiant ses aiguilles
Mes pas se perdent derrière,
Effacés par l’écume de la mer
Comment t’apprivoiser et te garder
Le temps et la mer sont solidaires
Pour me narguer sans aucun mystère
Comment t’apprivoiser et te garder
En gravant sur le sable humide ton nom
En jetant des galets dans la mer
Et voir l’onde à l’infini se refaire
Par khebbab
0
-
Recommander
Son « Canon » était son habillement. En bandoulière ou dans son sac, il ne se déplaçait jamais sans. Toujours en quête de « la photo ».Son but n'était pas vraiment la perfection mais être témoin de la vie. Le fait de geler le temps dans une photo lui donnait l'impression d'avoir contribué à l'histoire. Sa participation était, certes, une goutte dans un océan. Mais surprendre le rire d'un enfant, « postériser » les rides d'un centenaire ou immortaliser les membres d'une famille, c'était sa passion.
Ce matin, il désirait découvrir le lever du soleil. Voir avec son « troisième œil », les étapes du miracle quotidien. Il se posta sur sa terrasse où il avait une vue imprenable. Soudain, un bruit incongru faussa cette sérénité matinale. Au bas de la rue se déroulait une dispute entre ivrognes qui se chamaillaient sans aucune retenue ni considération pour le sommeil des voisins.
Devait-il se concentrer sur son fameux lever ou plutôt sauvegarder dans sa pellicule ce moment de dispute ? Il opta pour les ivrognes car pour découvrir l'astre, l'attention ne s'y prêtait pas.
En bas, les fétards n'épargnaient pas leur gosier. Des persiennes offusquées claquaient au rythme du « Canon ». La lueur intermittente du flash ajoutée à cette cacophonie donnait une scène des plus inattendues. Des trombes d'eau étaient déversées de part et d'autre de la rue et accompagnées d'injures bien choisies dans le but de calmer les ardeurs des belligérants mais en vain. Dans sa carrière de photographe, l’imprévu était son lot quotidien. Plus rien ne l’étonnait.
Le jour se lève, le flash se couche ainsi que nos ivrognes. Le soleil flashe notre photographe qui ne peut que constater son échec. Ce n'est que partie remise. Pour se consoler, il pense déjà surprendre le coucher, mais aura-t-il ce soir la paix pour immortaliser l'instant convoité? D’ici là, la journée sera semée de situations, d’occasions où il fera sa cueillette de bons clichés. Etre présent pendant une scène de marché, capter l’envol d’un moineau. Il aura de quoi assouvir sa passion pour la journée.
Par Khebbab
0
-
Recommander
La vie ne l'a pas gâtée, Lili. Un père inconnu, une mère alcoolique, une enfance à refaire. Elle est entrée trés jeune dans la vie active,à peine pubère pour aider sa mère.Vivre entre deux passes pour voir la vie. Subir les lubies des clients, rester belle et attirante pour assurer son travail. Le plus vieux des métiers est aussi le plus court. La retraite se prend jeune. Si le corps ne flétrit pas, Lili aura un sursis Sa mère, sa chaire, son ancre, elle l'a quitté doucement un matin sans faire d'histoire, pour ne pas déranger. Mais Lili ça l'a dérangé, ce départ sans retour. Elle est seule avec ses souvenirs du seul amour de sa vie.
Par Hannache
0
-
Recommander
D’une stature hors du commun, Maamar imposait uniquement par sa taille. Le genre armoire à glace où tu te vois tout petit.
Dans une impasse où l’on accède par quelques marches, se trouve ma salle de jeux vidéo. J’étais derrière mon comptoir en train de savourer un bon livre tout en jetant de temps en temps un œil sur les bambins hypnotisés par leurs jeux. Subitement, il n’y eut plus de lumière du jour entrant par la porte d’entrée. Il me semblait que quelqu’un avait fermé la porte de la salle. Surprise ! C’était notre armoire à glace qui faisait écran à la lumière réconfortante du jour. Il semblait que notre malabar prenait plaisir à entretenir cette ambiance de polard. Il resta une éternité sur le seuil de la porte. Venait-il pour jouer, pour la caisse ou pour autre chose ? Je ne pouvais que patienter pour deviner les intentions de mon visiteur. Sous le comptoir, la barre de fer était à ma portée. On ne sait jamais. Il y avait souvent des bagarres entre joueurs. Ma barre de fer était surtout une arme de dissuasion. Notre bonhomme se décida enfin à descendre les deux marches. Une fois dans la salle, il ne me regarda même pas et se dirigea d’un pas lourd de menaces vers un joueur figé sur son écran. Il fallait décider vite : un coup de fil à la police ou des coups de fer sur Maamar. J’optais pour les deux. Une fois les flics au parfum, je m’armais de courage et de fer pour venir me planter derrière ce mur de muscles. Ne me dites surtout pas que c’est lâche de l’attaquer par derrière. Je faisais face au joueur et Maamar, leva le bras droit en direction du joueur pour lui… tapoter l’épaule. Maamar venait simplement payer une dette de jeu.
Par Hannache
0
-
Recommander
Commentaires