Ça y est, j’ai arrêté de fumer. Enfin, depuis soixante longues minutes.
Un exploit ! Je respire. Mais que faire de mes doigts et lèvres, restés chastes très longtemps. Un petit câlin labial ? Non, cette sexualité est mortelle.
Mais combien elle est douce, cette mort en belles volutes, cette mort à petit feu. Préparer ma clope pour ne pas la brusquer, bien tasser le tabac en tapotant sur le filtre, elle me demande toujours de l’humer avant de l’allumer tendrement. Elle préfère les allumettes au briquet. L’odeur soufrée de l’allumette l’excite qu’elle me dit.
Bon, je me ressaisis, je secoue ma tête pour épousseter ces images et je respire à fond !
J’essore rageusement mon paquet de clopes pour le jeter très … prés de moi ! On ne sait jamais. Quel con je fais ! Où est ma volonté ? Mais c’est mon sang saturé de nicotine qui commande. Mais moi, oui moi, j’ai une volonté de fer, du fer de mon hémoglobine, squattée par un cancer annoncé. Ça doit être encore un bluff de mon toubib. Il fait de son mieux, mon serviable toubib. C’est un psychologue qu’il me faut. Seulement celui que je connais fume. Il va sûrement me dire qu’il faut accepter philosophiquement cet état de fait. Mais c’est un esclavage, cet état, mon vieux ! : Les levers difficiles, l’haleine fétide, la toux chronique, les crachats fréquents, mes poumons qui n’aiment pas les escaliers .les cendriers qui débordent, mes enfants fumeurs malgré eux. J’allais oublier mes pauvres chemises trouées lors de nos ébats cendrés. Cette mante religieuse ne m’a pas eu.
Deux heures déjà sans elle, mais ça me fait quelque chose quand je la vois plantée dans le bec d’un autre.
Par Hannache
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D’une stature hors du commun, Maamar imposait uniquement par sa taille. Le genre armoire à glace où tu te vois tout petit.
Dans une impasse où l’on accède par quelques marches, se trouve ma salle de jeux vidéo. J’étais derrière mon comptoir en train de savourer un bon livre tout en jetant de temps en temps un œil sur les bambins hypnotisés par leurs jeux. Subitement, il n’y eut plus de lumière du jour entrant par la porte d’entrée. Il me semblait que quelqu’un avait fermé la porte de la salle. Surprise ! C’était notre armoire à glace qui faisait écran à la lumière réconfortante du jour. Il semblait que notre malabar prenait plaisir à entretenir cette ambiance de polard. Il resta une éternité sur le seuil de la porte. Venait-il pour jouer, pour la caisse ou pour autre chose ? Je ne pouvais que patienter pour deviner les intentions de mon visiteur. Sous le comptoir, la barre de fer était à ma portée. On ne sait jamais. Il y avait souvent des bagarres entre joueurs. Ma barre de fer était surtout une arme de dissuasion. Notre bonhomme se décida enfin à descendre les deux marches. Une fois dans la salle, il ne me regarda même pas et se dirigea d’un pas lourd de menaces vers un joueur figé sur son écran. Il fallait décider vite : un coup de fil à la police ou des coups de fer sur Maamar. J’optais pour les deux. Une fois les flics au parfum, je m’armais de courage et de fer pour venir me planter derrière ce mur de muscles. Ne me dites surtout pas que c’est lâche de l’attaquer par derrière. Je faisais face au joueur et Maamar, leva le bras droit en direction du joueur pour lui… tapoter l’épaule. Maamar venait simplement payer une dette de jeu.
Par Hannache
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Il m'est arrivé aujourd'hui une aventure étrange Mon chat communique avec moi. C'est invraisemblable mais c'est ainsi. Je perçois sa pensée comme une pensée mienne Au tout début, je mettais ça sur le compte de la coïncidence. Mais une coïncidence ne se répète pas à longueur de journée. J'observe ses yeux d'Agate qui me scrutent aussi et il me semble que ma conscience n'a plus de secrets pour mon chat. Je suis nu devant son regard. Il n'a pas besoin de miauler pour me demander un câlin : une pensée s'impose à mon esprit et je m'exécute avec plaisir. A mon tour, je lui ordonne muettement de me ramener quelque chose et je suis servi. Ma femme et mes enfants ne connaissent pas notre secret. Comment et quand cela a débuté ? Je me souviens seulement d'une nuit sans lune où une insomnie tenace me collait à l'oreiller. J'essayais de percevoir les bruits de la nuit. Au début, j'entendis un cri imperceptible mais qui montait jusqu'à devenir un miaulement rauque qui cassait la sérénité de la nuit. Je me suis levé sans réveiller ma femme pour me diriger vers ce bruit, vers le balcon où se trouvait allongé mon siamois au joli minois. Il ne semblait pas étonné de ma présence. Comme s'il m'attendait A peine ais-je croisé son regard que la première pensée fusa comme une réalité bien palpable : « Je t'attends depuis longtemps et le moment est enfin venu. Le secret doit être de mise. C'est la condition de notre contrat. Si une tierce personne vienne à percer notre secret, nos pensées comme nos chemins vont se séparer » Ma réponse pensée était l'acquiescement. Quand on communique par la pensée, on n'a pas le temps de filtrer notre réponse. La pensée est plus rapide que la parole Ce n'est plus la peine de retourner sa langue sept fois avant de parler. J'avais tout simplement donné ma langue au...chat
Par Hannache
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La vie ne l'a pas gâtée, Lili. Un père inconnu, une mère alcoolique, une enfance à refaire. Elle est entrée trés jeune dans la vie active,à peine pubère pour aider sa mère.Vivre entre deux passes pour voir la vie. Subir les lubies des clients, rester belle et attirante pour assurer son travail. Le plus vieux des métiers est aussi le plus court. La retraite se prend jeune. Si le corps ne flétrit pas, Lili aura un sursis Sa mère, sa chaire, son ancre, elle l'a quitté doucement un matin sans faire d'histoire, pour ne pas déranger. Mais Lili ça l'a dérangé, ce départ sans retour. Elle est seule avec ses souvenirs du seul amour de sa vie.
Par Hannache
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Son « Canon » était son habillement. En bandoulière ou dans son sac, il ne se déplaçait jamais sans. Toujours en quête de « la photo ».Son but n'était pas vraiment la perfection mais être témoin de la vie. Le fait de geler le temps dans une photo lui donnait l'impression d'avoir contribué à l'histoire. Sa participation était, certes, une goutte dans un océan. Mais surprendre le rire d'un enfant, « postériser » les rides d'un centenaire ou immortaliser les membres d'une famille, c'était sa passion.
Ce matin, il désirait découvrir le lever du soleil. Voir avec son « troisième œil », les étapes du miracle quotidien. Il se posta sur sa terrasse où il avait une vue imprenable. Soudain, un bruit incongru faussa cette sérénité matinale. Au bas de la rue se déroulait une dispute entre ivrognes qui se chamaillaient sans aucune retenue ni considération pour le sommeil des voisins.
Devait-il se concentrer sur son fameux lever ou plutôt sauvegarder dans sa pellicule ce moment de dispute ? Il opta pour les ivrognes car pour découvrir l'astre, l'attention ne s'y prêtait pas.
En bas, les fétards n'épargnaient pas leur gosier. Des persiennes offusquées claquaient au rythme du « Canon ». La lueur intermittente du flash ajoutée à cette cacophonie donnait une scène des plus inattendues. Des trombes d'eau étaient déversées de part et d'autre de la rue et accompagnées d'injures bien choisies dans le but de calmer les ardeurs des belligérants mais en vain. Dans sa carrière de photographe, l’imprévu était son lot quotidien. Plus rien ne l’étonnait.
Le jour se lève, le flash se couche ainsi que nos ivrognes. Le soleil flashe notre photographe qui ne peut que constater son échec. Ce n'est que partie remise. Pour se consoler, il pense déjà surprendre le coucher, mais aura-t-il ce soir la paix pour immortaliser l'instant convoité? D’ici là, la journée sera semée de situations, d’occasions où il fera sa cueillette de bons clichés. Etre présent pendant une scène de marché, capter l’envol d’un moineau. Il aura de quoi assouvir sa passion pour la journée.
Par Khebbab
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